L’histoire de la barbe, une épopée du poil !

L’histoire de la barbe, une épopée du poil !

Homo sapiens était-il barbu ? Les Romains portaient-ils la moustache ? Les Hipsters existent-ils vraiment ? De la Préhistoire jusqu’à nos jours, l’histoire de la barbe a connu de multiples rebondissements. Quelle est l’histoire de la barbe ? Tantôt synonyme de sagesse ou d’expérience, parfois associée à la pauvreté et aux travaux extérieurs, la barbe a beaucoup évolué au fil des siècles. Étroitement liée aux différents contextes socioculturels, elle est le reflet de notre histoire. Parfois interdite, parfois obligatoire, elle a fait l’objet de nombreux débats, autant politiques ou esthétiques que religieux. De la Préhistoire jusqu’à nos jours, découvrons ensemble les origines de la pilosité

Introduction à l’histoire de la barbe 

Le mot « barbe » provient du latin barba et désigne l’ensemble des poils qui recouvrent le menton, les joues, la mâchoire et le pourtour des lèvres supérieures et inférieures de l’homme. Si elle existe depuis des milliers d’années, son port a évolué en fonction des modes, imposées ou non, par les traditions et les religions, en fonction des époques et du contexte socio-culturel1. D’après les ethnologues, elle serait à l’origine de la masculinité2. Cependant, il n’existe que très peu d’études sur le sujet ! L’histoire de la barbe se définit par le terme « pogonologie », tandis que son entretien est désigné par la « pogonotomie ». Encore un savoir inutile pour briller en soirée

Chez les hommes, la pilosité associée à la barbe et à la moustache se développe généralement à la puberté. C’est un caractère sexuel secondaire lié au taux de testostérone produit par le corps. La pilosité évolue en fonction de l’âge, des antécédents génétiques, ainsi que des origines géographiques. La vitesse de pousse, la densité, la couleur ou encore la texture des poils est unique chez chaque individu. Par ailleurs, il arrive que des bébés ou des personnes de sexe féminin possèdent quelques poils sur le visage. Pas de panique, vous n’en avez que plus de charme ! 

L’histoire de la barbe : des hommes préhistoriques aux Romains

La préhistoire de la barbe

Dès la préhistoire, les poils protègent la peau des climats extrêmes, des parasites et de la poussière. En augmentant le volume de la mâchoire, la barbe pouvait également permettre de faire peur à l’ennemi en cas d’affrontement ou pendant la chasse. Cependant, la découverte de silex finement taillés témoigne que la tendance était plutôt au rasage ! Et oui, n’allez pas croire qu’Homo sapiens se laissait aller ! En effet, dans la grotte de Marche (Vienne), des peintures datées de 14 500 ans montrent des profils d’homme rasés, sans moustache ni barbe ! Pour éviter les poux et les parasites, ils se coupaient même les cheveux régulièrement. Ça vous en bouche un coin, hein ?

L’histoire de la barbe pendant l’Égypte antique

À l’époque de l’Égypte antique, la barbe était réservée aux personnages de haut rang et teintée au henné. Par la suite, elle devint un attribut divin, symbole de pouvoir et de souveraineté. Dans les temples ou les édifices sacrés, le pharaon était souvent représenté avec une barbe postiche pour le différencier du commun des mortels. Elle témoigne de sa descendance divine puisque ce type de barbe était couramment utilisé pour représenter les dieux. D’apparence courbe, elle se démarque de celle du pharaon qui est droite. 

La barbe à l’époque de la Grèce antique

Pendant la période de la Grèce antique, la barbe a été associée à de nombreux symboles. À Sparte, chez les militaires, elle était synonyme de virilité et de courage. À Athènes, elle était l’attribut des philosophes, preuve de sagesse et d’expérience. Plus tard, du IIIᵉ au VIᵉ siècle, Épicure et ses disciples présentent une barbe soignée et disciplinée, qui traduit une position sociale élevée dans la société3

L’amour de la barbe est tel que certains personnages célèbres, comme Épictète, iront jusqu’à dire qu’ils préfèrent la décapitation plutôt que de se raser. Ils défient ainsi l’empereur Domitien qui souhaitait l’exil des philosophes. Pour ce dernier, la barbe ne suffit pas à justifier de la connaissance et de la sagesse d’un homme. C’est un attribut lié au sexe qui permet de les différencier des femmes. Enfin, stratège de renom, Alexandre le Grand ordonnait à ses soldats de se tailler la barbe pour ne pas offrir une prise supplémentaire à leurs adversaires lors des batailles. 

L’histoire de la barbe chez les Romains

Les Romains, soucieux de l’hygiène et du soin de soi, associaient la barbe à la saleté et à la pauvreté. Après le Ier siècle de l’Empire, elle refait peu à peu son apparition. Influencés par les tendances de la Grèce antique, les Romains portent de nouveau la barbe. Symbole de sagesse et d’expérience4, elle est d’abord adoptée par les hommes de plus de 40 ans et se démocratise ensuite chez l’ensemble des classes d’âges. À l’époque, elle traduit une culture très développée et un savoir-faire étendu. Progressivement, elle se développe chez les Romains issus d’une classe aisée3, puis chez les Empereurs. 

Dès le début du IVᵉ siècle, la barbe est de nouveau discréditée sous le règne de Constantin. À Antioche, en Turquie, l’Empereur Julien est moqué par son peuple pour son style. En 363, il publie un texte spirituel intitulé L’ennemi de la barbe5 à travers lequel il justifie son choix et explique les raisons qui le poussent à porter la barbe.  

La barbe sous l’Empire byzantin

Dès le IVᵉ siècle, l’Empire byzantin s’étend sur toute la partie est de la région méditerranéenne. Le port de la barbe se développe grâce à l’apparition de l’iconoclasme. À l’époque, les personnes rattachées à la religion sont encouragées à porter la barbe. La diffusion d’images religieuses favorise la propagation de cette tendance qui revient progressivement dans les mœurs. Pour se démarquer, le pape ordonne alors aux moines et aux prêtres de se raser et de tonsurer. Encore une histoire de style

L’histoire de la barbe en Europe

La barbe : une histoire de mode

Au XIIᵉ siècle, Burchardus, l’abbé de l’abbaye de Bellevaux (Franche-Comté), rédigea un traité sur les barbes. D’après ses écrits, le port de la barbe se destinait aux frères lais, souvent en charge des travaux manuels et des finances du monastère. En revanche, elle était mal perçue chez prêtres et aux moines, responsables des autres tâches. 

Trois cents ans plus tard, la plupart des Européens sont rasés de près. De nombreux édits interdisent le port de la barbe, notamment en Angleterre, où le roi Henri VIII introduit une taxe à ce sujet. Au début du XVIᵉ siècle, la barbe et la moustache reviennent à la mode à la cour italienne. Elles sont progressivement adoptées par l’aristocratie européenne. Le port de la barbe se diffuse également au sein du clergé catholique. Cependant, ces derniers doivent être titulaires d’une autorisation, en vertu du concile de Carthage qui interdit aux clercs de porter la barbe et les cheveux longs

En 1521, François Ier relance la mode des poils longs. À cette époque, elle est portée par les jeunes gens qui souhaitent se démarquer et montrer leur appartenance à certains milieux. En 1535, le roi interdit aux personnes n’étant pas à son service de conserver leur pilosité. Par la suite, les hommes se rasent de près afin de pouvoir porter des perruques, accessoires très à la mode au XVIIᵉ siècle7. À la fin du XIXᵉ siècle, les esprits créatifs se lâchent et les styles de barbes sont plus originaux les uns que les autres !

La barbe chez les tsars de Russie

Chez les tsars de Russie, la barbe est l’attribut d’hommes de pouvoir ayant joué un rôle majeur dans le pays. Au XVIIIᵉ siècle, le tsar Pierre Ier de Russie, surnommé Pierre le Grand met fin au port de la barbe en introduisant un impôt sur la barbe6. Par la suite, la barbe deviendra une caractéristique permettant de distinguer le noble du paysan et le soldat de l’homme d’Église. Au XIXᵉ siècle, le tsar Nicolas Ier se démarque par sa moustache en forme de guidon et son apparence soignée. Plus tard, le tsar « libérateur » Alexandre II portera la moustache et la barbe, reflet de sa personnalité à la fois brave et vulnérable. 

Le retour de la barbe et de la moustache

Dès le milieu du XVIIIᵉ siècle, la barbe est traditionnellement portée par les pionniers de la Légion étrangère. Souvent en première ligne lors des combats, ils avaient l’autorisation de la porter, au regard de leur faible espérance de vie. Ainsi, les survivants revenaient avec une pilosité relativement bien développée. Finalement, la barbe revient à la mode jusqu’à la Première Guerre mondiale. Après des mois de grèves et de contestations, les garçons de café et le personnel de maison obtiennent enfin l’autorisation de porter la barbe !  

Synonyme de liberté, elle fait son grand retour dans les années 1960 et 1970, à travers les mouvements hippies. Au début du XXIᵉ siècle, elle se démocratise dans les milieux hipsters, favorisant le développement d’une économie unique, liée au soin et à l’entretien de la barbe au naturel

Aujourd’hui, le port de la barbe ou de la moustache fait partie intégrante des sociétés occidentales. Elle peut être un symbole religieux ou le reflet d’une appartenance à une certaine catégorie socioprofessionnelle. Taille, rasage, colorations, etc., elles évoluent en fonction des modes, des styles, des saisons et permettent à tout un chacun de se singulariser et d’affirmer sa personnalité tout en laissant libre cours à sa créativité

Attribut de l’homme depuis des millénaires, la barbe a suivi l’évolution des tendances et des mouvements socioculturels de notre histoire. Tantôt adorée, parfois critiquée, elle fut l’objet de débats houleux aboutissant à son interdiction pure et simple ou à sa régulation à travers des taxes ou des décrets. De nos jours, le port de la barbe et de la moustache est le moyen d’affirmer son style à travers des coupes et des coiffures originales. Si elle reste encore un symbole pour certains, c’est avant tout un accessoire de beauté

1 : Fournier, E. (2014). La barbe et les barbus à l’Âge du Bronze dans le monde égéen. Apparence (s), (5).

2 : Julien M.P (2015) Quand poussent les poils des garçons [archive]. Ethnologie française, (4), 677-684. 

3 : Paul Zanker, The Mask of Socrates, The Image of the Intellectual in Antiquity, University of California Press, 1995. Lire en ligne [archive]

4 : cf. H. Leclerq, articles Barbe in Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, éd. F. Cabrol, 1910. Voir La barbe et les cheveux des empereurs romains d’après leurs portraits monétaires, sur le site sacra-moneta.com [archive]

5 : Traduction française sur le site remacle.org [archive]

6 : Les Pièces de l’Impôt sur la Barbe sous Pierre Le Grand [archive]

7 : Emmanuel Laurentin, « Histoire de la virilité » dans La Fabrique de l’histoire, 3 nov. 2011

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